II) La synthèse

Introduction

 

C'est avec l'arrivée des molécules de synthèse que la chimie organique a pris son essor et qu'elle a permis la reconstitution de l'odeur des molécules odorantes. Le XIXe est le siècle où l’activité de la parfumerie prend vraiment son essor et entre dans l’ère de la modernité. Les synthèses ont permis le développement de la parfumerie. La synthèse d'une espèce chimique est une transformation au cours de laquelle les réactifs mis en jeu conduisent à un produit dont l'espèce chimique est recherchée. La chimie de synthèse permet de restituer une odeur à partir des composés naturels ou artificiels.

 Le gantier parfumeur et l'alchimiste s'effacent au profit du compositeur de parfum, professionnel averti de toutes les possibilités offertes par la science de l'époque.

Auparavant, le parfumeur disposait d'une centaine d'essences dans sa palette de compositeur alors qu'aujourd'hui, il en possède plus de 4 000 pour inventer des fragrances. La chimie a, en effet, permis de produire de nombreuses odeurs équivalentes aux naturelles, mais surtout de créer, à l'infini, de nouvelles senteurs.

 

Une orgue et un chimiste sentant des odeurs sur des mouillettes.

 

Avec la naissance de la chimie organique, les chercheurs commencèrent à isoler dans la nature des molécules olfactivement intéressantes, avant d'inventer plus tard des produits chimiques sans équivalent dans la nature. C'est le début d'un déferlement de nouvelles substances synthétiques qui exercèrent une énorme influence dans la parfumerie.

La cannelle est le premier arôme naturel à avoir été fabriqué artificiellement, en 1856, par un chimiste nommé Luigi Chiozza. Le dernier tiers du siècle vit apparaître à un rythme accéléré les grands produits de synthèse utilisés de nos jours. En 1876, le professeur Ferdinand Tiemann de Berlin et le Dr Wilhelm Haarman synthétisent la vanilline, la molécule odorante de la gousse de vanille. Le chimiste William Henry Perkin synthétise la coumarine ( odeur de la Fève Tonka ) en 1868 grâce à l’acide salicylique, découvert en 1860. Baur révolutionne le monde de la parfumerie avec sa synthèse du premier musc nitré. En 1891, Eckart découvre le rhodinol dans l’huile essentielle de rosa damascena et en 1893, Barbier et Bouveault le trouvent aussi dans l’essence de géranium. Le rhodinol, reconstitué depuis synthétiquement, est aussi une substance très utilisée dans l'industrie du parfum. Parce qu'il fallait de très grandes quantités de violettes pour obtenir une très faible quantité d'essence, Tiemann met en point, en 1898, le parfum artificiel de cette fleur, l'ionone. La grande percée dans le domaine de la synthèse survient avec la découverte des aldéhydes parfumés. La gamma-undecalactone qui est connue sous le nom d'aldéhyde C.14 a été découverte par Jukov et Schestakow en 1908. Elle est aussi très utilisée dans les parfums fruités et donnent un plus grand choix aux parfumeurs dans leurs créations. La note pêche joue un rôle capital dans la parfumerie.

Les produits de synthèse furent incorporés conjointement aux produits naturels, puis apportèrent des notes inédites aux nouvelles compositions. Si la composition des parfums devient complexe, les coûts se trouvent néanmoins réduits. De nos jours, 98 % de la totalité des substances utilisées en parfumerie sont des molécules synthétiques.

C'est en 1889 qu'apparut « Jicky » de Guerlain, considéré comme le premier parfum élaboré avec des produits de synthèse (vanilline et coumarine). Quant au légendaire « N°5 » de Chanel, ce parfum n'aurait pas vu le jour sans la découverte et l'utilisation de molécules de synthèse en grande quantité: les aldéhydes.

Flacon de " Jicky "de  Guerlain et Flacon de " N°5 Chanel " de Ernest Beaux.

Nous allons montrer, dans cette partie, l'intérêt de la synthèse à travers notre expérience avec l'acétate de benzyle. Il s'agit d'une molécule à l'odeur jasminée.

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